Durée : 35 minutes - Tout public

 Dédale - corde lisse. Hélène Bou

Note de création

Dédale est une adaptation pour corde lisse et voix de la Lettre d'Ariane à Thésée d'Ovide sur une partition de piano d’Eric Satie : les Gnossiennes 1, 2, 3 et 4.
Cette forme hybride danse aérienne sur corde/théâtre est un poème vertigineux inspiré par les rochers du port de Locquémeau en Trégor.
Elle est destinée à être jouée sur l'estran entre deux marées ou bien à un endroit qui donnerait l'impression qu'on est sur le rivage d'une île.

La lettre d’Ariane à Thésée fait résonner la voix de l’héroïne à l’endroit où elle fut abandonnée par Thésée après l'avoir aidé à sortir du labyrinthe où était enfermé le Minotaure, au sommet d’une île battue par les vents. De cette île déserte Ariane écrit à Thésée, elle livre le récit de son abandon, comment elle s’est réveillée ce matin-là, un beau matin de printemps, seule. Ce doute affreux qui la saisit, son errance panique sur le rivage jusqu’à cette course éperdue jusqu’au sommet de l’île pour voir et savoir enfin ce navire qui part sans elle avec à son bord cet homme qui avait juré de l'aimer toujours et qui ne se retourne même pas.

La version adaptée du texte d'Ovide et jouée dans le spectacle est en lecture ➳ ici

Le fil d'Ariane

Le choix de l'usage simultané du texte et de la danse aérienne est assorti à l’idée que l’agrès acrobatique corde lisse va apporter au texte, accroître sa puissance narrative et dramaturgique et lui donner une matière, mais aussi que le texte va faire entrer le mouvement du corps dans un espace narratif.

La corde c’est à la fois le fil du récit d’Ariane, le fil de sa pensée, le fil qu’elle déroule pour essayer de retrouver son chemin, Ariane, perdue sur une île sans possibilité d’en échapper, perdue pour sa patrie qu’elle a trahie, abandonnée par l’homme qu’elle aimait, perdue par elle-même dans le labyrinthe de ses illusions. La corde devient tour à tour montagne, cordage d’un bateau qui s’éloigne à l’horizon, récif, falaise, fil auquel on se retient de s’enfoncer dans le sable, fil auquel on se raccroche pour ne pas tomber dans le vide, fil fantôme d’un autre fil déroulé dans les mains d’un autre.

La technique acrobatique est mise au service de la poésie du texte. La chorégraphie des mouvements répond à la structure du récit, le texte est récité à partir du corps engagé sur la corde. Parfois la danse/suspension aérienne passe au premier plan pour donner de l’espace au corps dans le silence du récit. Entendre résonner les mots dans le silence, les laisser se déployer dans le mouvement du corps, dans le souffle du vent et de la mer, et tisser un autre fil invisible entre une légende et des histoires.

Quelques heures plus tard tout sera recouvert, rendu à la mer.

Le fil d'un piano

Lorsque j’ai commencé à travailler sur la Lettre d’Ariane à Thésée c’était la première fois que j’allais vers un spectacle sans autre son que celui de ma voix, avec de grands moments d'une danse déployée sur la corde dans le silence. Je redoutais ce silence, de m’y perdre. J’avais besoin d’un fil musical auquel me raccrocher.

La création de Dédale s’est donc faite en musique avec cette idée de semer des notes dans le silence pour que je puisse y trouver un chemin. Je souhaitais pour ce spectacle travailler sur un rythme très lent, très étiré, et donner de la place au déploiement du texte sans pour autant l’enliser. Les Gnossiennes d’Eric Satie se sont imposées naturellement et j’ai créé la chorégraphie de Dédale en écoutant cette musique. Je ne savais pas alors qu’elle a été inspirée par le mythe d’Ariane de Thésée et du Minotaure, cela je l’ai découvert par la suite.
J’ai choisi de la faire disparaître ensuite pour laisser la place au silence. C’est ainsi que Dédale a fait ses débuts, sur le son d'un piano que j’étais seule à entendre.

Quand j’ai réalisé le montage des séquences filmées de Dédale sur l’estran il m’est apparu qu’il manquait le piano pour la plénitude, et de rendre la musique que j’entends résonner quand je glisse sur ma corde le long du fil de la lettre d’Ariane. Je souhaite donc remettre le piano à sa place au cœur du labyrinthe en invitant pour chaque représentation un•e pianiste à interpréter les Gnossiennes 1, 2, 3 et 4 selon le découpage qui correspond à la conduite du spectacle Dédale.

Le•la musicien•ne qui accompagne le spectacle sera choisi par la structure d’accueil.

Distribution

Hélène BOU (création - interprétation corde et voix)
Un•e musicien•ne (interprétation des Gnossiennes d'Eric Satie au piano)

Presse

article "L’histoire d’une acrobate suspendue au fil d’Ariane" Ouest-France 11/09/2023
article Le Télégramme 11/09/2023

D'autres photos de Dédale

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